Pourquoi « Espace Césaire » ?

Blanc

Espace :

Cette bibliothèque commune vise à créer un espace commun de recherche, écriture, réécriture, lecture, création, et d’échange ; destiné à l’usage tant des associations résidentes et domiciliées que de leur publics respectifs. Elle héberge d’ores et déjà le développement d’activités thématiques (ateliers d’écriture et réécriture, recherches, consultation, lectures, prêt d’ouvrages,…).

Au-delà d’une bibliothèque, le pôle de la Maison de la Francité offre de la sorte un nouveau service transversal au public doublé d’un espace commun aux associations du complexe, vecteur des synergies souhaitées en son sein.

(Aimé) Césaire :

Aimé Fernand David Césaire, poète et homme politique français, né en 1913 et décédé en 2008 en Martinique, symbolise les grands combats qui ont marqué la francophonie internationale à travers le XXe siècle: la dénonciation du colonialisme et l’engagement dans la cause noire, tous deux intimement liés chez Césaire. Ils traversent son œuvre poétique et sont le moteur de sa carrière politique malgré les nécessaires compromis de l’exercice du pouvoir. Ses essais, articles et discours forment la passerelle entre les deux vocations de Césaire de poète et d’homme politique.

Anticolonialiste résolu, il est aussi, avec Léopold Sédar Senghor, le père fondateur du mouvement littéraire de la négritude et de la littérature francophone moderne d’Afrique noire. Césaire est le premier à définir en 1939, dans Cahier d’un retour au pays natal, la négritude comme « la simple reconnaissance du fait d’être noir, […] de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture. »

L’auteur a laissé une œuvre unique, véritable monument de la littérature d’expression française, qu’il s’agisse de poésie, de théâtre ou d’essais. Dès son premier recueil de poèmes (Cahier d’un retour au pays natal, 1939), devenu un classique de la littérature mondiale, Césaire revisite la poésie française en ciselant la révolte du peuple noir, sa dignité millénaire et sa place dans la mémoire de l’homme. En 1947, André Breton reconnaît en Césaire un « grand poète noire ».

Si elle s’enracine dans la tradition du conte aux Antilles issue des esclaves des plantations coloniales, l’œuvre de Césaire s’inscrit dans la lignée des grands poètes français du XIXe et XXe siècle. Formé à l’Ecole normale supérieure de Paris, Aimé Césaire dira « j’ai plié la langue française à mon bon vouloir dire ». Opérant une véritable révolution de la langue d’écriture dans le champ des lettres d’expression française, il ancre profondément les genres littéraires (poèmes, pièces de théâtres et essais) dans la négritude en réaction au projet colonial français d’assimilation culturelle. Par sa « parole incantatrice et insurrectionnelle », qui jaillit de son identité d’arrière-petit-fils d’esclaves, il parvient à exprimer la capacité magique de la parole à créer et recréer le monde, étroitement liée au mouvement surréaliste français.

En tant que Martiniquais, Césaire est français mais l’Afrique n’en est pas moins son lieu originel. A l’issue du combat politique qu’il a mené pour la création des DOM-TOM en tant qu reconnaissance d’égalité entre « vieilles colonies » et « métropole française », son appartenance à ce qui deviendra un département d’outre-mer français n’est pas non plus anodine. De manière emblématique, Césaire incarne de ce fait la francophonie dans le monde, émancipée et légitimée au sein même de l’État français, tout comme l’universalité décentrée de la culture francophone.

Publicités

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :